Azur: bienvenue à bord!

Après des années de tergiversations, c’est enfin réalité: la population a pu fouler dimanche le plancher du tout nouveau train Azur, qui remplacera progressivement les vieux trains du métro de Montréal. Après des essais nocturnes et des essais diurnes sans passagers, les nouvelles voitures commencent leur dernier test, soit celui du service régulier.

Pour l’occasion, le gratin politique n’allait pas manquer une chance de plus de se faire prendre en photo. Aux côtés de Luc Tremblay et de Philippe Schnobb, respectivement directeur général et président du C.A. de la STM, le maire de Montréal Denis Coderre et le ministre des Transports Jacques Daoust se sont déguisés en usagers du métro.

Sans titre - Luc Tremblay, Jacques Daoust, Denis Coderre et Philippe Schnobb inaugurent le premier train Azur de la STM à la station Henri-Bourassa, sous les applaudissements d'usagers et usagères qui attendent sur l'autre quai leur chance de monter à bord..
© Pierre-Luc Daoust, tous droits réservés

Sans titre - Philippe Schnobb, président du conseil d'administration de la STM et ancien candidat du parti du maire Coderre
© Pierre-Luc Daoust, tous droits réservés

Sans titre - Jacques Daoust, ministre des Transports
© Pierre-Luc Daoust, tous droits réservés

Sans titre - Changement de quai, et c'est au tour de la population d'accueillir l'Azur.
© Pierre-Luc Daoust, tous droits réservés

Sans titre -
© Pierre-Luc Daoust, tous droits réservés

Sans titre -
© Pierre-Luc Daoust, tous droits réservés

Sans titre -
© Pierre-Luc Daoust, tous droits réservés

«Mon scoop» (journal Metro) et la question du droit d’auteur

Le journal Metro a lancé aujourd’hui l’outil «Mon scoop», qui consiste en un moyen pour son lectorat de lui envoyer des photos des événements d’actualité. À la différence de ses concurrents TVA et Radio-Canada, Metro offre un montant d’argent sous certaines conditions.

Mais à quel point peut-on espérer en tirer un revenu, et que risque-t-on en terme de perte de droits d’auteur? Suite à une lecture des conditions d’utilisation et de publication et à une discussion sur Twitter avec M. Christian Duperron, directeur de l’information chez Metro, je vais démystifier pour vous toute la question des droits d’auteur et droits moraux autour du service «Mon scoop».

Parlons rémunération

C’est une rareté dans le genre: Metro offre aux collaborateurs du public de payer pour les photos, mais sous certaines conditions. Seules les photos utilisées dans l’édition papier de Metro seront payées. Le montant sera de 10$, 20$ ou 50$, selon la qualité de la photo et la grosseur dans le journal. En attendant, elles sont stockées dans un album photos en ligne et elles ne rapportent pas un sou à leur auteur.

J’ai demandé à M. Duperron si une rémunération aura lieu dans le cas d’une photo utilisée dans un article de presse seulement publié en ligne. Il m’a répondu qu’aucune utilisation de ce type n’est prévue. Ceci dit, les conditions d’utilisation laissent la porte grande ouverte au contraire. Il m’a répondu par la négative. Correction 1

Il est important de noter que Metro ne paye qu’une seule fois chaque photo. Après quoi l’entreprise la réutilise comme bon lui semble. Cela signifie aussi que Metro peut offrir 10$ à l’auteur d’une photo pour une première utilisation, pour ensuite la réutiliser gratuitement dans un format qui aurait normalement valu 50$.

Les droits d’auteur

Les conditions d’utilisation de l’outil «Mon scoop» n’exigent pas de l’auteur d’une photo qu’il cède la totalité des droits à Metro. En soumettant une photo, l’auteur accorde à l’entreprise le droit d’utilisation de la photo et de son nom, et ce, pour tout type de support appartenant aux Publications métropolitaines, l’éditeur de Metro (j’ignore s’il édite d’autres journaux). Ce droit n’est assorti d’aucune durée déterminée ni indéterminée. Mais la propriété des oeuvres demeure celle du photographe.

Metro n’exige aucun droit de redistribution ni de sous-licenciement des photos envoyées, ce qui est une TRÈS bonne chose. Le journal ne peut se mettre à les revendre à gauche et à droite.

Metro exige que l’auteur lui cède ses droits moraux sur la photographie. Qu’est-ce que le droit moral? Il s’agit d’un droit permettant à l’auteur d’exiger la citation de son nom aux côtés de son oeuvre et d’exiger l’intégrité de l’oeuvre. On ne peut céder ce droit, mais on peut y renoncer. Donc, en y renonçant face à Metro, celle-ci pourra réutiliser les photos sans en citer l’auteur et pourra les recadrer et les retoucher à sa guise. Fait à noter, Metro exige qu’on lui CÈDE les droits moraux, et non qu’on y renonce. Voici une faille qui pourrait permettre de faire invalider cette clause.

Ce contrat est écrit dans une page à part. Il ne semble pas être à accepter au moment de l’envoi, j’ignore donc à quel point il est béton. Je préfère laisser les avocats répondre à ça.

Donc c’est bien ou pas?

En terme de droits d’auteur, il y a de bien pires exemples que «Mon scoop». Mais les conditions d’utilisation semblent mal écrites, il n’y a même pas de clause disant qu’elles peuvent changer sans pré-avis. Donc avant de me prononcer définitivement, vaut mieux attendre, car mon petit doigt me dit qu’un avocat va repasser dessus bientôt.

En terme monétaire, là il n’y a pas photo, c’est peu payé. Pas de quoi faire fortune. Mais, au moins, l’auteur garde ses droits donc il peut la revendre de son côté à d’autres publications plus généreuses. Le fait que la photo soit prisonnière de la banque d’image d’un autre journal peut toutefois forcer la baisse de son prix de vente.

Peut-être que Metro vient d’amorcer un mouvement qui inverserait la tendance du mauvais paiement pour les photographes, un peu comme Google avait fait dans le domaine du courriel en lançant Gmail? Ça serait bien… enfin, on peut rêver.

Mais au-delà de tout ça, je m’inquiète de l’impact de ce genre de service sur le niveau de vie des photographes de presse. Déjà que certains empires de presse jouent la convergence pour réduire les emplois de photographes et de journalistes au minimum, si en plus on généralise cette utilisation de photos du public, au final ce sont les photographes qui perdront encore plus d’emplois.

Et leurs familles qui en paieront directement le prix.

Sur la page suivante, vous trouverez un verbatim de ma conversation avec un représentant de Metro via Twitter.

Corrections à ce texte

  1. Dans un courriel qu’il m’a envoyé quelques jours après la publication du texte, M. Duperron s’est ravisé et a corrigé cette information.

Exclusivité du 24 Heures dans le métro: y’a pas le feu!

La nouvelle est tombée aujourd’hui: le quotidien montréalais 24 Heures, propriété de l’empire Quebecor, deviendra dès le 3 janvier celui distribué à l’intérieur des stations du métro de Montréal. Il détrône ainsi le journal Métro, qui occupait cette place depuis 2001.

Les réactions n’ont pas tardé à surgir: danger pour la diversité de la presse, dit-on. Comme si Métro faisait figure de fleuron en ce domaine…

Y’a pas le feu!

Attention, mesdames et messieurs, je risque de vous causer une commotion: je vais prendre la défense de Quebecor. Oui, je la déteste toujours autant. Oui, le 24 Heures n’est rien d’autre qu’un catalogue de l’empire déguisé en journal gratuit. Oui, ça me fait chier que Quebecor soit distribué au chaud dans le métro. Mais de là à parler de diversité d’information? Laissez-moi rire.

Présentement, Métro distribue dans le métro et 24 Heures, dehors. Personne ne semble s’en offusquer. Au 3 janvier, on inverse les rôles, c’est tout. Les camelots du Métro vont continuer à distribuer leur journal, mais à l’extérieur. Les deux journaux seront offerts. Alors pas de «deux poids deux mesures», s’il vous plait!

Également, portez attention aux auteurs des articles des deux journaux. Ce sont deux gros ramassis de dépêches d’agences de presse (QMI pour l’un, la Presse Canadienne pour l’autre). Très peu de journalistes attitrés à ces journaux. Le même genre de camelote. Alors bonjour la diversité.

Tout ça pour dire que, tant qu’à moi, ce qui a été annoncé aujourd’hui, y’a pas de quoi en faire une histoire. Y’a pas le feu.

La nuit des longues expos

Hier soir, je suis sorti dans le Vieux-Montréal pour cueillir de nouveaux clichés. Cette sortie est presque rendue une habitude pour moi, j’ai d’ailleurs écrit quelques billets là-dessus (ici et ). Mais les architectures du Vieux-Montréal, mélangées à la douceur de la nuit, m’y ramènent encore et encore.

Trève de papotage, voici ce que j’en ai retenu.


Sans titre


Sans titre

Ci-dessous, une petite incursion là où les gens ne regardent pas. L’arrière-scène des différents attraits, c’est aussi ça la vie du Vieux-Montréal.


En coulisses dans le Vieux-Montréal

Un petit bistro qui a attiré mon attention sur la rue Saint-Paul. Le voici en deux variantes, soit couleur et presque noir et blanc.


Fin de soirée au Piano Rouge


Fin de soirée au Piano Rouge (version partiellement noire et blanche)

Les différents éclairages colorés mis en valeur par la nuit sont un véritable spectacle qu’on manque lorsqu’on se limite aux heures touristiques.


Sous le bleu de la rue Saint-Paul

Fin de soirée, on commence une remontée vers le centre-ville. On s’approche progressivement d’un endroit moins charmant…


Montréal, vivante à toute heure

Voilà, presque rentré, on «close» cette nuit des longues expos!


Le métro arrive