Leeroy A.S. Edwards, sagesse et fraternité

Une récente sortie d’exploration urbaine avec ma soeur a failli se solder par un échec total. Une rencontre imprévue a toutefois sauvé la mise: le frère Leeroy A.S. Edwards (c’est ainsi qu’il se présente) est venu nous voir devant le Centre communautaire des noirs. Il nous a parlé de son implication dans ce centre, d’il y a 58 ans jusqu’à ses dernières années, et du révérend Charles H. Este, le fondateur du centre.

Ce que je retiens de lui? Sagesse, amour de son prochain, fraternité entre les humains (qui sont tous et toutes des frères et des soeurs), un amour pour Montréal et son quartier de la Petite Bourgogne, et, surtout, une foi inébranlable en Dieu.

Bienvenue au Centre communautaire des noirs!
Bienvenue au Centre communautaire des noirs! (voir sur Flickr)

Être la voix post-mortem de Charles H. Este
Être la voix post-mortem de Charles H. Este (voir sur Flickr)

La parole d'un vieux sage
La parole d’un vieux sage (voir sur Flickr)

Philosopher pour son public
Philosopher pour son public (voir sur Flickr)

Après coup, ce qui m’a bien fait rire, c’est que j’ai réalisé que j’avais déjà rencontré cet homme il y a bientôt deux ans…

Défilé de la Saint-Jean-Baptiste 2008 à Montréal (47)
Une fête inclusive (voir sur Flickr)

C’était durant le défilé de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal en 2008, il avait particulièrement attiré mon attention. On avait même échangé un sourire chaleureux! Ah, souvenirs… 😛

Écouter les paroles d’un centre communautaire abandonné

Montréal regorge d’édifices abandonnés, surtout dans les anciens quartiers industriels. J’en ai visité un aujourd’hui avec ma soeur, l’ancien Centre communautaire des noirs, dans la Petite-Bourgogne. Il ne semble pas y avoir beaucoup d’informations à son sujet sur Internet, malheureusement. Pourtant, ce qu’il en reste regorge d’histoire et de vie!

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Dès notre entrée dans l’édifice, l’état des lieux est frappant. Le plancher poussiéreux et brisé un peu partout, les tapisseries déchirées, les fenêtres brisées, mais surtout, le silence. Un silence de mort, celle du centre communautaire. La plupart des salles n’ont pas été complètement vidées, quelques tables et chaises ont été laissées ici et là, des livres, mais aussi des objets de plus grande envergure tels que deux pianos.

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Le centre, haut de quatres étages et un sous-sol, comportait plusieurs salles de spectacle avec scènes. Au troisième étage se trouve un gymnase. Les cerceaux de deux paniers de basketball y sont encore présents, toujours invitant à y lancer un ballon. Le plancher a gonflé en plusieurs endroits, de longues bosses le montrent très bien. Attention où vous mettez les pieds!

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Le sous-sol est sans aucun doute l’endroit le plus troublant. On y distingue clairement une salle commune, avec plusieurs chaises, tables, et même une table de ping-pong repliée.

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Quelques petites pièces sont rattachées à cette grande salle, une a particulièrement attiré mon attention. Des livres, des livres, encore des livres! Des tablettes pleines d’encyclopédies, de vieux livres qui trainent un peu partout. Tant de savoir et de connaissance qu’on a abandonné là. Sur la troisième photo ci-dessous, le livre Graphics Programming in C date de 1988, selon Amazon.

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Avec la pauvreté et l’itinérance, l’abandon des bâtiments est un aspect que Montréal n’aime pas trop montrer. Une politique en matière d’inoccupation des édifices est légitime et nécessaire! Ces bâtiments ne demandent rien de mieux qu’à avoir une nouvelle vie, que ce soit comme simples abris, comme centres communautaires, comme services publics, amenez-en des idées! Si un édifice n’est plus occupé par son propriétaire, il devrait être redonné automatiquement à la collectivité. Rappelez-vous le tristement célèbre Squat Préfontaine, sur la rue Rachel à l’été 2001, ou encore l’occupation récente d’une ancienne manufacture par le Centre social autogéré de Pointe-Saint-Charles. Des individus, des familles, des organismes ont besoin de ces édifices.

Je conclus ce billet en vous invitant à lire un texte que Nathalie Petrowski (La Presse) a écrit quelque part après l’éviction du Squat par la police de Montréal. Vous pouvez aussi visionner le documentaire filmé dans les murs du Squat, vous y verrez une toute autre réalité que ce que les médias de masse vous ont montré.